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Les anciennes règles du jeu de l'ère industrielle
se sont modifiées avec l'avènement de l'informatique. Quelles sont
les conséquences de ce phénomène sur la stratégie concurrentielle
des entreprises ?
L'objectif de toute stratégie concurrentielle est d'obtenir un avantage
sur le marché. L'avantage concurrentiel se compose de deux éléments
: d'une part, une valeur supérieure pour le client et, d'autre part,
un coût relatif moindre. Une entreprise est capable de fournir une
valeur client supérieure lorsqu'elle satisfait les exigences du client
mieux que ses concurrents. Les outils créateurs de valeur comprennent
la tarification, la communication et la qualité de la livraison. La
question essentielle est : pourquoi la stratégie concurrentielle des
marchés électroniques serait-elle différente de celle de tous les
marchés « normaux » ou « physiques » ?
Prenons le cas de la fixation des prix. Pendant l'ère agraire, la
plupart des coûts d'un producteur étaient variables. Les coûts fixes
étaient faibles (pour les artisans), voire négligeables (pour les
propriétaires terriens). A l'ère industrielle, une estimation rapide
permet d'affirmer que 40 à 60% des coûts étaient fixes, le reste
étant variable. Ceci explique l'apparition du célèbre modèle des prix
marginaux, où le prix est égal au coût marginal.
A l'époque de l'informatique, pratiquement tous les coûts sont fixes,
comme c'est le cas pour les logiciels et les puces de semi-conducteurs.
Le coût marginal de production d'une unité supplémentaire est alors
très bas, parfois même négligeable. Les entreprises peuvent-elles
continuer à utiliser la notion de coût marginal ou tout autre système
de détermination des prix variables fondé sur les coûts alors que
le coût de chaque unité supplémentaire est proche de zéro ? Un modèle
tel que celui mis en oeuvre par Netscape ne serait-il pas plus pertinent
? Ce dernier ne fournit pas uniquement son browser (logiciel de navigation),
mais également le code source de celui-ci. Les éditeurs de logiciels
indépendants et les utilisateurs sont ainsi en mesure d'ajouter des
applications au browser pour accroître sa valeur et, indirectement,
la valeur du progiciel proposé par Netscape sur le marché.
Ce type d'approche des prix ne correspond pas aux modèles de détermination
des prix conçus pour l'époque industrielle. Sommes-nous donc passés
à l'âge de l'information ? En 1995, les produits liés à l'information
fabriqués aux Etats-Unis, tels que les logiciels et le matériel informatique,
les produits de télécommunications, ou liés à Internet, ont dépassé
en valeur les biens issus ou associés au secteur de l'automobile,
produit phare de l'ère industrielle du XXe siècle.
Un autre exemple : jusqu'aux années 70, lorsqu'une société lançait
un produit, elle faisait appel à la télévision, à la radio, aux panneaux
publicitaires, à la presse et/ou aux Salons professionnels pour le
faire connaître. Au fil du temps, ces messages suscitaient et maintenaient
l'intérêt du consommateur. Aujourd'hui, une entreprise peut communiquer
en temps réel avec ses clients et livrer des produits et services
sur mesure avec des délais très courts. Dell, par exemple, fournit
des ordinateurs sur commande dans un délai de deux jours pour les
clients qui les demandent à travers une publicité en ligne sur PointCast.
Et Toyota livre des voitures sur commande en 14 jours. L'ensemble
du processus de sensibilisation, d'intérêt, d'essai et d'achat peut
se faire dans un laps de temps très court. Dans le même temps, les
consommateurs accèdent à davantage d'informations qu'auparavant sur
les biens et les services en concurrence. Comment une entreprise fait-elle
face à ses concurrents dans un monde où les anciennes règles du jeu
se modifient et tendent à disparaître ?
Le marché électronique
Les deux exemples ci-dessus montrent combien la concurrence entre
entreprises a évolué et indiquent combien la stratégie concurrentielle
sur les marchés électroniques risque de s'éloigner de celle des marchés
« industriels ». Les entreprises sont de plus en plus en concurrence
sur des marchés fondés sur l'information et l'électronique.
Un marché électronique regroupe des fabricants, des acheteurs, des
intermédiaires ainsi que des fournisseurs d'infrastructure électronique.
Ensemble, ils créent un support électronique au sein duquel les producteurs
et les acheteurs effectuent des transactions. Les utilisateurs accèdent
au support électronique par le biais de nouveaux systèmes multimédias
interactifs. Ces systèmes de communication audiovisuels fonctionnent
dans les deux sens et en temps réel, et facilitent l'accès à des informations
stockées sur des ordinateurs, permettant ainsi aux utilisateurs et
aux entreprises de : primo, fournir et accéder aux données de façon
interactive, secondo, communiquer sur le support et, tertio, effectuer
des échanges en temps réel.
Les sociétés commencent à utiliser les nouveaux médias pour une gamme
très large d'activités : le développement de produits ; la collecte
d'informations auprès des clients ; l'échange d'informations avec
les clients, les fournisseurs et les fabricants de produits complémentaires
; la promotion, la publicité et la distribution de biens et services
; et enfin les transactions. Les nouveaux acteurs font largement appel
à ces nouveaux médias pour concurrencer les entreprises existantes
qui s'appuient davantage sur les médias classiques. Les experts voient
dans les nouveaux médias et les marchés électroniques une opportunité
autant qu'une menace. Ces évolutions diminuent les coûts pour les
entreprises, qui répercutent la baisse sur les prix au client.
Les marchés boursiers commencent à reconnaître cette évolution en
valorisant à des niveaux inégalés les entreprises qui en sont le symbole.
Par exemple, le Tobin's Q (le ratio entre la capitalisation boursière
d'une entreprise et la valeur comptable de ses actifs) est proche
de 1 pour des organisations telles que General Motors et ATT ; il
était de 6,5 pour WorldCom en novembre 1997 et d'environ 15 pour Microsoft.
Les marchés financiers récompensent aujourd'hui les entreprises qu'ils
estiment capables d'obtenir de bonnes performances à l'avenir, plutôt
que celles qui ont actuellement de bons résultats financiers.
Evolutions de la concurrence
Les entreprises en concurrence sur les marchés électroniques assistent
à des évolutions dans trois domaines : sur le marché même, au sein
de leurs propres organisations et dans leurs tactiques.
Evolutions du marché
L'émergence du marché électronique a eu pour première conséquence
d'obliger les entreprises à sortir de leur isolement : désormais,
elles ne peuvent plus opérer seules. Des produits de tous types utilisent
un nombre croissant de technologies et rares sont les sociétés qui
les possèdent toutes.
Même les produits à très faible valeur technologique tels que les
céréales de petit déjeuner commencent à intégrer des puces sur les
emballages, permettant d'une part de diminuer le prix au fur et à
mesure que le produit se rapproche de sa date de péremption et, d'autre
part, de mettre à jour les stocks du détaillant. Cette procédure exige
une collaboration entre fabricants de céréales, fabricants de puces
et détaillants. L'information (concernant la date de péremption) devient
du même coup une composante explicite de l'offre produit. Un fabricant
de céréales ne pourra plus se contenter de livrer un lot au détaillant
et s'en tenir là.
Dans les années 80, la division Pampers de Procter & Gamble a
conclu un partenariat stratégique avec la chaîne de supermarchés Wal-Mart
qui vend un nombre considérable de ses couches jetables. Wal-Mart
s'est engagé à transmettre à Procter & Gamble les chiffres des
ventes quotidiennes de Pampers de chacun de ses 2.000 points de vente.
Grâce à ces données, Procter & Gamble peut réassortir les magasins
Wal-Mart sans que ces derniers aient besoin d'agir. Résultat : Pampers
a pratiquement doublé ses rotations de stock pour atteindre la centaine
au cours de la première année et Wal-Mart a pu faire des économies
sur ses coûts de stockage et de personnel - ce qui constitue une parfaite
illustration d'une intégration informatique des données des points
de vente et de celles des systèmes de production et de logistique.
Si cet exemple décrit une tendance qui va se généraliser dans tous
les secteurs de l'économie, quelles en sont les conséquences ?
1. Les frontières entre les entreprises deviennent plus floues. Cisco
Systems, Dell, Sainsburys, Asda et Yoko-Itado sont d'autres exemples
de cette perméabilité croissante entre entreprises.
2. La nature des transactions avec les clients est en pleine évolution.
A l'ère industrielle :
- les entreprises vendaient un produit et percevaient
en contrepartie de l'argent
- les entreprises détenaient pratiquement toute
l'information au cours de l'échange. Le déséquilibre résultant en
termes d'information rendait le vendeur plus puissant ;
- les sociétés « diffusaient » des messages à
un large public d'acheteurs. Les pages publicitaires au cours de
la diffusion de la finale du Super Bowl aux Etats-Unis en sont l'exemple
type. Cette façon de communiquer avec le public semble avoir atteint
ses limites dans les économies développées ;
- les transactions s'effectuaient aux heures ouvrables
dans les centres commerciaux, où l'acheteur se rendait en personne.
Pour acheter une action, un investisseur devait appeler un agent,
qui ensuite achetait le titre uniquement pendant les séances de
Bourse.
Aujourd'hui, certaines entreprises étoffent leurs
produits en offrant des fonctionnalités complémentaires et des informations
sur ces fonctionnalités et services. Elles tentent d'avoir un échange
affectif avec leurs clients en exploitant les nouveaux multimédias
interactifs.
Lorsque CDnow vend un enregistrement, l'entreprise obtient un profil
détaillé de son client qu'elle utilise ensuite pour le sensibiliser
aux dernières sorties musicales correspondant à son type de musique
préféré. Anticiper sur les souhaits du client permet d'augmenter les
affinités entre le consommateur et le fournisseur de service.
L'accès à l'information est plus symétrique, comme le prouve le changement
de comportement des concessionnaires automobiles depuis l'apparition
d'Auto-By-Tel sur Internet. Auto-By-Tel rassemble les données de concessionnaires
situés au quatre coins des Etats-Unis et propose aux éventuels acheteurs
de voitures des prix qui sont en moyenne 10 à 15% plus bas que ceux
de leurs concessionnaires les plus proches. Auto-By-Tel diminue ainsi
les coûts de recherche pour le consommateur et lui permet de faire
des comparaisons qui étaient impossibles auparavant. Les clients ne
marchandent plus avec les concessionnaires, ce sont ces derniers qui
font des offres concurrentielles aux clients pour obtenir la vente.
Autre différence avec l'ère industrielle, les consommateurs peuvent
maintenant utiliser des filtres pour choisir les messages publicitaires
qu'ils souhaitent recevoir. Les abonnés de PointCast, par exemple,
reçoivent uniquement des messages correspondant à leurs chaînes. En
France, les abonnés au téléphone vont pouvoir choisir d'écouter une
publicité de 15 secondes en échange d'un appel local gratuit, ou encore
faire un appel local pour un prix dérisoire. La tendance est de rétribuer
le client pour qu'il regarde une publicité.
Les transactions ont lieu partout et à n'importe quelle heure. Un
consommateur peut retirer de l'argent à tout moment. Et, à terme,
les investisseurs pourront acheter et vendre des titres sur le Nasdaq
n'importe quand, qu'ils se trouvent à Austin, au Texas, à New Delhi
ou à Londres.
Le tableau 1 illustre les évolutions des transactions entre l'ère
industrielle et l'ère informatique, entre le marché « physique » et
le marché électronique.
3. La concurrence se dématérialise. Barnes & Noble, le libraire,
a été dépassé par Amazon.com pendant deux ans avant de mettre sur
pied son propre site en ligne. Des stratégies de ce type, développées
par de nouvelles entreprises qui exploitent les spécificités des marchés
électroniques, sont mises en oeuvre dans d'autres secteurs où les
sociétés existantes utilisent des méthodes non électroniques. Ces
entreprises sont particulièrement vulnérables car, bien que leurs
méthodes soient rentables, les nouveaux médias offrent, eux, des avantages
encore inconnus et difficiles à quantifier.
Evolutions au sein des organisations
1. L'information est accessible à tous en temps réel au sein de l'entreprise
(même si l'accès est encore très souvent limité aux seules personnes
autorisées). Son utilisation est, par contre, une tout autre question.
Ainsi, au lieu de monter par la division marketing pour ensuite redescendre
par la voie hiérarchique dans les différentes artères de l'organisation,
les informations concernant les clients et les fournisseurs circulent
horizontalement. De même, les informations de production arrivent
aussi au marketing et à la finance.
2. En théorie, on devrait pouvoir accéder à l'information à tous les
niveaux et non uniquement au sommet de l'organisation. C'est déjà
le cas dans des entreprises telles que Procter & Gamble, Dell
et Cisco Systems. Des informations plus nombreuses et de meilleure
qualité sont désormais disponibles à la périphérie des entreprises
où se connectent les clients, les fournisseurs, et les fournisseurs
de services complémentaires. Un représentant de Dell qui rend visite
à un client détient ainsi des informations en temps réel sur les derniers
achats de ce client, quand ils ont été effectués, son historique en
termes de maintenance, la production actuelle de Dell et ses prévisions
technologiques, etc.
3. Au fur et à mesure que s'accroît la richesse d'information, il
en va de même pour les liens au sein de l'organisation et ceux entre
l'entreprise et ses clients, ses fournisseurs, ses concurrents ainsi
que ses fournisseurs de services complémentaires. Ce phénomène permet
de réduire les coûts et d'être plus efficace.
Les entreprises innovantes ont su rapidement exploiter les atouts
qu'apportent cette grande « connectivité ». Le fabricant italien de
vêtements Benetton a remplacé les informations provenant des stocks
par une collecte quotidienne des données sur les ventes faites partout
dans le monde. Grâce à ce système, les décisions de fabrication se
fondent non pas sur des stocks constitués des mois à l'avance, mais
plutôt sur les achats. Ce nouveau système a permis d'obtenir un retour
d'information direct du consommateur au fabricant, et d'éviter le
retard dû au transfert d'informations par les détaillants et les grossistes.
Outre les économies de coûts de stockage, de transport et de référencement,
les nouvelles connexions fournissent de meilleurs renseignements sur
les goûts des clients.
Changements dans les tactiques
1. Une panoplie technologique incomplète, des frontières entre entreprises
plus floues et une connectivité accrue, autant de raisons pour que
les sociétés prennent au sérieux les décisions en matière de partenariat.
Ces décisions sont en train de devenir un élément clef de la compétitivité
de l'entreprise.
D'ailleurs, la concurrence ne se fait pas uniquement entre entreprises,
mais plutôt entre groupes économiques ou réseaux d'organisations.
Pour se couvrir, certaines entreprises choisiront de se rattacher
à plusieurs réseaux. Pour concurrencer les groupes adverses plus efficacement,
une entreprise devra fidéliser ses partenaires importants et/ou de
long terme en faisant payer cher toute velléité de changement de réseaux.
De nombreux partenariats porteront sur le court terme. Les organisations
doivent estimer la durée de chaque partenariat potentiel afin d'éviter
que ces alliances se transforment en fardeaux. Quant aux partenariats
temporaires, les entreprises doivent être capables de se séparer en
bons termes, notamment lorsqu'un partenariat futur peut être envisagé
avec le partenaire dont on se sépare.
La réputation de l'entreprise en tant que partenaire devient alors
un élément clef pour attirer de nouveaux alliés et un moyen d'apporter
aux consommateurs un ensemble d'avantages supérieurs à celui de la
concurrence. De telles évolutions signifient qu'une analyse standard
des cinq forces (préconisée par Michael Porter) est alors insuffisante.
Les clients, les fournisseurs et les fabricants de produits complémentaires
peuvent changer de rôle dans de ce bal du partenariat. Qu'en est-il
si une société porte plus d'une casquette ?
Les organisations qui opèrent sur les marchés électroniques devront
également réfléchir à une question connexe : si une entreprise fait
partie d'un réseau économique, a-t-elle intérêt à participer à l'accroissement
du « gâteau » commun générateur de revenus (la base utilisateur-consommateur
final, l'utilisation du produit vendu, etc.) et, par ce biais, augmenter
ses recettes provenant de sa part constante du gâteau ? Ou bien l'organisation
doit-elle augmenter sa part du gâteau au détriment des autres partenaires
du réseau économique ? Qui plus est, quelle est la position de l'entreprise
au sein du réseau eu égard à ses partenaires, ses fournisseurs et
ses clients ?
2. Un accès plus large à l'information signifie que la stratégie concurrentielle
des organisations doit maintenant partir de l'hypothèse que l'information
est symétrique. Ce qui implique des marchés libérés d'une grande partie
des frictions.
De tels marchés entraînent une accélération des processus concurrentiels.
Les produits sont livrés plus rapidement, l'information sur les produits
circule plus vite, le retour d'information sur les produits se fait
plus rapidement - parfois sans que le client en soit conscient -,
les nouveaux entrants sont capables de jauger les barrières à l'entrée
dans un laps de temps extrêmement court, les réactions concurrentielles
et les contre-réactions sont quasi instantanées.
Il en résulte qu'il n'existera plus d'avantage concurrentiel figé.
Les études de marché telles que nous les connaissons aujourd'hui pour
les produits de grande consommation vont disparaître. Cette tendance
est déjà visible dans les secteurs des logiciels et de l'automobile,
où les entreprises travaillent avec les fournisseurs et les consommateurs
pour développer des produits. Au mieux, les entreprises auront un
avantage temporaire et devront passer à d'autres sources d'avantages
au fur et à mesure que la concurrence les rattrape. Ainsi, il leur
faudra constamment surveiller le marché et leurs propres ressources
afin d'identifier le prochain avantage concurrentiel potentiel.
3. Grâce aux flux d'informations plus rapides et aux retours d'informations
accélérés qui en découlent, les entreprises ont davantage l'occasion
d'orienter le marché.
Dell ne construit pas uniquement à la commande. Il utilise également
les circuits mis en place avec ses clients pour les sensibiliser aux
dernières évolutions technologiques. En outre, il développe souvent
des produits en exploitant des données fournies par ces mêmes clients.
Le groupe est donc capable non seulement de réagir à l'environnement
dans lequel il opère, mais aussi de le modifier. Des études récentes
suggèrent qu'il est possible de « tirer le marché » en utilisant,
par exemple, les licences technologiques sur les marchés du matériel
informatique et des logiciels ainsi que celui des télécommunications.
Auparavant, seuls des géants tels que General Motors ou Nestlé avaient
les moyens d'influencer la configuration du marché. Désormais, une
start-up comme Junglee - fondée en 1996 - a le potentiel, selon de
nombreux analystes, de modifier la structure du marché en ligne. Junglee
développe des logiciels qui seront capables d'effectuer des recherches
d'information intelligentes à partir de n'importe quelle base de données
électronique. Les consommateurs pourront alors passer des requêtes
booléennes sur HotBot.com aux requêtes en langage naturel. Un produit
de ce type multiplie les avantages potentiels des nouveaux médias
interactifs pour le consommateur.
Le seul inconvénient est qu'au démarrage un marché électronique a
des contours relativement flous. Cette incertitude résulte de la connectivité
accrue interentreprises, entre entreprises et individus, et entre
individus. En principe, une plus grande connectivité entraînerait
davantage de discontinuités sur le marché du fait même des propriétés
émergentes des systèmes adaptatifs. Un système adaptatif se compose
d'« agents » indépendants capables de prendre des décisions sur la
base de quelques règles. Ces agents sont soit des personnes, soit
des coupe-circuits, ou encore des instructions de ventes, de l'ADN,
bref toute entité dont les décisions sont définies en termes de règles.
L'organisation est un rassemblement de personnes, un « super-agent
» doté de son propre ensemble de connexions internes. Puisqu'elles
sont reliées, les actions d'un des agents influencent les choix d'un
autre. Des simulations portant sur un grand nombre d'agents reliés
entre eux montrent qu'ils se comportent souvent de façon imprévisible.
Les caractéristiques de systèmes de ce type sont le produit du comportement
des entreprises et individus connectés. Souvent, ces propriétés émergentes
sont « non linéaires », en d'autres termes elles sont volatiles, tout
comme les places financières.
C'est pourquoi les organisations devront à la fois s'adapter au marché
tout en le façonnant. Elles auront besoin de trouver le juste équilibre
entre évoluer avec le marché et influencer l'orientation de cette
évolution afin de fournir une valeur supérieure aux clients.
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