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L'analyse des méthodes empiriques utilisables a
permis aux chercheurs de dégager des principes essentiels pour améliorer
les prévisions.
Les problèmes de prévision sont monnaie courante
en marketing : la Coccinelle de Volkswagen sera-t-elle un succès ?
Le palais des congrès de Philadelphie sera-t-il rentable ? Comment
notre principal concurrent va-t-il réagir si nous augmentons le prix
de notre produit de 10% ? Et si nous réduisions la publicité de 20% ? Quelle est la valeur d'une firme en fonction de ses bénéfices
futurs ?
Les entreprises doivent anticiper la demande des produits ou des services
qu'elles offrent. Elles doivent également prévoir les mesures importantes
qui seront prises par leurs concurrents, leurs fournisseurs, ou l'Etat.
Ces décisions, tout comme la politique de l'entreprise, vont avoir
une incidence sur les coûts et les parts de marché. Or, ce sont les
parts de marché et les prévisions qui permettent à une entreprise
de pronostiquer ses ventes.
Les erreurs de prévision peuvent avoir des conséquences néfastes et
aboutir, par exemple, à une surcapacité, à une sous-capacité, à des
excédents de stock ou à des invendus. S'il est impossible de les éliminer
totalement, on peut toutefois accroître la fiabilité des prévisions
en appliquant quelques principes reconnus. Issus de la recherche,
ceux-ci indiquent quelles méthodes utiliser et précisent les conditions
de leur utilisation optimale. Malheureusement, peu de sociétés y ont
recours, préférant se fier à leur intuition. Lorsque je demande à
des professionnels ce qui pourrait les convaincre d'essayer une nouvelle
méthode de prévision, ils me répondent souvent qu'ils veulent savoir
quelle méthode a déjà fait ses preuves.
Au cours des vingt dernières années, de nombreux chercheurs ont comparé
la fiabilité de différentes méthodes en situations réelles. En 1979,
Spyros Makridakis, professeur à l'Insead, a lancé une étude comparative
devenue la référence en la matière et connue plus tard sous le nom
de « M-Competition Studies ». La quatrième étude de la série est actuellement
en cours et regroupe 3.003 données historiques, économiques, démographiques
et commerciales. Comme lors des précédentes études, des chercheurs
et des spécialistes de la prévision commerciale ont été invités à
soumettre leurs prévisions pour chaque donnée. Un arbitre juge ensuite
de la fiabilité de la méthode employée, l'objectif étant de déterminer
les méthodes qui s'appliquent le mieux à tel ou tel type de données.
En 1996, avec trente-neuf autres chercheurs, j'ai lancé un projet
visant à examiner les conclusions de ces recherches empiriques. Nous
voulions les traduire en principes qui permettraient aux professionnels
de choisir la méthode la plus adaptée à leur contexte. La tâche s'est
avérée bien plus ardue que prévu, notamment parce que les conditions
n'avaient pas été définies avec suffisamment de soin, mais nous avons
tout de même progressé de façon significative.
Les méthodes
Certaines méthodes s'appliquent au traitement des informations faisant
appel au jugement, d'autres aux données statistiques. On peut les
classer ainsi :
- JUGEMENT :
- Intentions
- Jeux de rôles
- Analyse conjointe
- Opinion d'experts
- Analogies
- Appel à l'intuition
- STATISTIQUES :
- Extrapolation
- Prévision à base de règles
- Systèmes experts
- Modèles économétriques
Les études d'intentions consistent en des sondages
sur les comportements potentiels dans une situation donnée, comme,
par exemple, les réactions face à un nouveau Coca. Elles sont particulièrement
utiles pour prévoir les ventes de nouveaux produits, mais peuvent
aussi aider aux prévisions sur les produits existants. Le fait d'avoir
un rôle à jouer peut avoir une forte influence sur le comportement
: on peut ainsi demander à quelqu'un de jouer un rôle. Par exemple,
«Coca-Cola vous plaît tel qu'il est. Vous apprenez que votre marque
préférée va être retirée du marché, et vous retrouvez vos amis qui
sont tous des consommateurs fidèles de Coca-Cola. Comment réagissez-vous
?»
Si vous voulez savoir quels sont les facteurs qui
jouent sur les intentions d'achat, des méthodes telles que l'analyse
de régression vous permettent d'établir une corrélation entre certaines
caractéristiques du nouveau produit et les intentions déclarées. On
pourrait ainsi soumettre à des consommateurs potentiels vingt avant-projets
différents pour un nouveau produit et les interroger sur leurs intentions
d'achat pour chacun. Cette méthode, que l'on appelle analyse conjointe,
est communément utilisée.
On peut demander à des experts de prévoir les réactions
des consommateurs dans une situation donnée, notamment lorsqu'ils
ont l'expérience de cas similaires. Par exemple, connaissent-ils une
situation susceptible d'être rapprochée du lancement d'un nouveau
Coca ?
Il est aussi possible de mettre au point un modèle
d'expert. Plusieurs experts sont invités à faire des prévisions pour
chaque version possible du produit. La démarche s'apparente à un système
expert et est baptisée « appel à l'intuition » (« judgmental boot-
strapping »). Peu coûteuse, elle présente des avantages considérables
lorsqu'on doit faire de nombreuses prévisions faisant appel au jugement,
en matière de recrutement par exemple. Les Dallas Cowboys y ont eu
recours pour la sélection de leurs joueurs.
L'extrapolation se fonde sur les résultats antérieurs
d'une série pour prévoir les données futures. On peut de cette façon,
sur la base du nombre de litres de Coca-Cola vendus aux Etats-Unis
au cours des cinquante dernières années, extrapoler les ventes à venir.
C'est la méthode de prévision la plus utilisée pour la gestion de
la production et des stocks. Mais elle ne tient pas compte des informations
détenues par les dirigeants, lacune qui conduit à de graves erreurs,
notamment quand des changements sont prévus, comme le lancement d'un
nouveau Coca-Cola. Ce défaut disparaît avec la prévision à base de
règles, une sorte de système expert qui tient compte des connaissances
des dirigeants en les intégrant aux extrapolations. Cette méthode
permet d'évaluer les prévisions obtenues grâce aux extrapolations
classiques en utilisant à la fois les connaissances des dirigeants
et l'historique de données.
Les systèmes experts sont tout à fait adaptés aux
données autres que les données historiques. Supposons que l'on veuille
obtenir des prévisions de vente pour plusieurs articles d'un catalogue
de vente par correspondance : la formalisation des règles définies
par un expert élimine le coût de la répétition des pronostics et améliore
la cohérence. Le recours aux experts les plus compétents dans le domaine
concerné (ceux qui ont fait les prévisions les plus justes dans la
vente par correspondance) garantit une précision accrue par rapport
aux résultats qu'obtiendrait l'expert lambda.
Pourquoi ne pas utiliser la somme des informations
disponibles, et confier à un modèle statistique tel que la régression
le soin de déterminer les facteurs importants ? Les chercheurs essaient
de mettre fin à la quadrature du cercle depuis des décennies, tandis
que les progrès en matériel informatique et en logiciels ont contribué
à l'avènement de méthodes toujours plus sophistiquées. Les innombrables
études théoriques issues de la recherche n'ont donné pour l'instant
que des résultats décevants en matière de prévision. Deux règles d'or
en ressortent : il ne faut pas élaborer de modèle sur la seule base
de l'information disponible, et ne jamais utiliser l'analyse de régression
pas-à-pas (« stepwise regression »).
Les modèles économétriques les plus efficaces reposent
essentiellement sur des théories plus anciennes. Ils font appel à
des estimations de corrélations tirées de recherches antérieures et
intégrent - en principe - les informations détenues par les décideurs.
La simplicité doit être le maître mot. Pour en juger, il suffit d'appliquer
un autre principe de base : si malgré des efforts certains, vous ne
comprenez pas complètement le modèle prévisionnel, ne l'utilisez pas.
Les modèles économétriques sont l'outil le plus sophistiqué pour
l'intégration des informations relevant à la fois du jugement et des
données statistiques. En outre, ils permettent d'établir des pronostics
en fonction de stratégies différentes, et prévoient ce qui peut se
passer si, par exemple, Coca-Cola mène une politique
de prix bas à long terme.
Les principes
Le nombre de principes est tel que nous ne pouvons
en donner que quelques exemples. Mais ils sont présentés dans leur
intégralité dans notre « Forecasting Principles Project », et les
informations sont consultables sur www.Marketing.Wharton.Uppen.Edu/forecast,
(A VERIFIER) qui est également lié à d'autres sites sur le même sujet,
comme celui du International Institute of Forecasters.
Certains des principes vont à l'encontre d'idées largement répandues
:
- Si l'on dispose des prévisions établies par
un individu (sur les ventes d'un article de VPC par exemple) et
de l'information qu'il a utilisée, on peut faire des prévisions
plus précises que cette personne. Tout le monde pense qu'il y a
des exceptions à cette règle, mais les chercheurs n'en ont pas trouvées.
- Le critère de sélection du meilleur modèle ne
doit pas être sa pertinence historique.
- En dépit de mises en garde, on tend à accorder
aux prévisions une confiance excessive.
D'autres principes apparemment évidents sont souvent
oubliés, comme celui qui recommande d'utiliser un historique long
dans l'élaboration d'un modèle de prévision. La prévision ciblée («
focus forecasting »), qui est pourtant l'une des méthodes les plus
utilisées en marketing, ne le respecte pas, et ses résultats sont
donc peu fiables.
Un autre principe veut que l'on veille à l'indépendance des prévisions
d'un sujet par rapport à celles d'un autre lorsque le comportement
examiné n'entraîne aucune interaction. Or les focus groupes vont totalement
à l'encontre de ce principe et les prévisions qui en émanent sont
rarement justes.
Une autre règle veut que l'on tienne compte de l'avis des décideurs.
La plupart des méthodes d'extrapolation y dérogent, et c'est encore
plus grave lorsque les tendances annoncées par les données sont contraires
à ce à quoi s'attendent les dirigeants.
Le choix de la méthode est fonction des conditions : si les informations
sont insuffisantes, les modèles fondés sur le jugement s'imposent
; dans le cas contraire, on peut utiliser les méthodes statistiques,
et il est souvent possible de panacher les deux.
- La prévision faisant appel
au jugement
En général, la manière la plus simple et la plus directe de procéder
consiste à demander à un expert de se prononcer sur l'avenir. La méthode
est particulièrement indiquée lorsque l'on dispose de peu de données,
pour le lancement de nouveaux produits par exemple. Comment prévoir
les ventes de films à la carte, l'avenir des achats par Internet,
ou le lancement d'un nouveau jouet ?
Les prévisions des experts reposent sur quelques
fondements clés :
- L'objet de la prévision doit être structuré
de manière à tirer le meilleur parti des connaissances de l'expert.
Pour cela, il peut être nécessaire de le subdiviser en une série
de questions à résoudre.
- Le problème doit être formulé par écrit et libellé
de manière compréhensible.
- D'autres formulations doivent être proposées
par écrit.
- Le nombre d'experts doit être au minimum de
cinq, mais ne doit pas excéder vingt.
- Il faut veiller à ce que les experts ne reçoivent
aucune incitation de nature à compromettre leur objectivité.
- Chaque expert devra être invité à proposer sa
propre prévision.
- Il est préférable de choisir des experts aux
profils différents.
- Les experts doivent être choisis en fonction
de leur connaissance du domaine (bien qu'un niveau élevé d'expertise
ne soit pas indispensable).
- Chaque expert doit pouvoir réviser son jugement
en fonction des informations fournies par ses homologues.
La procédure Delphi, une méthode à base d'études
d'experts indépendants en plusieurs phases, reprend tous ces principes.
Hormis le nombre d'experts, les règles énoncées dans cette liste peuvent
paraître évidentes. Pourtant, les focus groupes dérogent au principe
de la formulation écrite des problèmes ; c'est d'ailleurs une raison
supplémentaire pour ne pas les utiliser comme méthode prévisionnelle.
Le recours aux experts montre, contrairement à ce que l'on pourrait
croire, que leur niveau d'expertise n'a pas besoin d'être élevé. Pour
des prévisions portant sur la situation économique, un professeur
d'Université peut être tout aussi compétent que l'expert le plus cher.
Autre constat déprimant : les étudiants peuvent prévoir les changements
presque aussi bien que leurs enseignants.
Certaines prévisions impliquent l'intervention d'autres décideurs
: la négociation d'un contrat fournisseur-distributeur, les décisions
du gouvernement en matière de tarifs douaniers ou de réglementations,
les accords avec les syndicats. Si le même type de décisions externes
intervient régulièrement, l'expert devrait être en mesure de prévoir
les conséquences des décisions qui vont être prises.
En revanche, en cas de conflit entre les personnes ou organisations
en présence, les jeux de rôle sont conseillés. Les rôles sont attribués
et les acteurs invités à représenter les parties en situation de conflit.
Si la méthode semble avoir fait ses preuves dans les domaines juridique
et militaire, elle semble moins probante dans le monde des affaires.
Mais la recherche dans ce domaine a déjà permis des progrès importants
en matière de fiabilité comparé à des démarches plus classiques. Prenons
l'exemple d'une étude devant déterminer si un fabricant d'électroménager
parviendrait à convaincre une chaîne de supermarchés d'adopter un
plan de vente de ses produits. Seuls 3% des experts pensaient que
le supermarché serait intéressé, les autres jugeant le plan peu réaliste.
Or, lors des jeux de rôle, les décideurs l'acceptaient dans 75% des
cas, et le plan de vente fut effectivement adopté par le supermarché.
Autre conseil : en matière de prévision, ne vous aventurez pas trop
loin d'un terrain familier. Si vous prévoyez de grands changements,
il peut être utile de sonder les intéressés sur leurs réactions, en
utilisant des études d'intention. Supposons que vous ayez conçu un
nouveau produit, et que vous souhaitiez en prévoir les ventes. Vous
pourriez décrire le produit et interroger des consommateurs sur leurs
intentions d'achat éventuelles. Les méthodes classiques appliquées
dans les sondages sont essentielles pour les études d'intention d'achat.
La conception ou le prix d'un produit que l'on s'apprête à lancer
sont des éléments qui peuvent varier. Ce type de variables peut alors
être intégré à une méthode formalisée visant à évaluer la valeur des
différents éléments du design(avant-projet ? conception ?). L'analyse
conjointe fait partie de ces outils ; elle consiste à proposer jusqu'à
vingt designs(avant-projet ?) différents du produit selon les priorités.
Cette méthode est coûteuse parce qu'elle exige l'identification et
le recueil de données auprès de nombreux consommateurs potentiels.
L'appel à l'intuition (« judgmental bootstrapping »), qui soumet à
l'avis d'experts les différents designs(avant-projets ?) du produit,
est une autre méthode possible. Comme pour les études, le nombre d'experts
varie entre cinq et vingt. La prévision des ventes sur un nouveau
produit peut alors faire jouer non seulement les paramètres de conception,
mais aussi d'autres composantes du marketing-mix, comme la publicité
ou la distribution, ce qui est impossible avec l'analyse conjointe.
- Prévision statistique
Les entreprises disposent souvent de nombreuses données sur les ventes
de leurs produits. Elles peuvent s'en servir pour des extrapolations,
stratégie particulièrement indiquée lorsque les décideurs ont peu
d'informations sur le contexte. L'éventail de méthodes d'extrapolation
étant assez large, le principe le plus utile consiste sans doute à
(la meilleure procédure est peut-être de ? ? ?) tirer des prévisions
d'un ensemble de modèles valables d'extrapolation et d'en faire ensuite
une moyenne.
Lorsque les décideurs ont suffisamment d'informations sur la situation,
les prévisions à base de règles sont plus appropriées. Cette méthode
reprend les principes les plus récents en matière de prévision sur
des données historiques, et tient compte des informations émanant
des décideurs, notamment sur les tendances.
L'un des principes de base - hélas souvent oublié par de nombreux
analystes - repose sur l'utilisation des connaissances acquises. Si
l'on dispose de connaissances empiriques sur la relation entre plusieurs
variables, il convient de les traduire en modèle économétrique. Pour
prévoir les ventes de Coca-Cola, par exemple, il faudrait tirer parti
des informations existantes sur les revenus et l'élasticité des prix.
Utiliser les prévisions
Certains principes dépendent de l'utilisation des prévisions. Le fait
d'avoir recours à des prévisions crée ainsi souvent un excès de confiance.
Les dirigeants de Ford étaient convaincus que la Ford Edsel se vendrait
très bien, contrairement aux analystes extérieurs, plus sceptiques.
L'excès de confiance peut être tempéré par l'application de certains
principes, par exemple en demandant aux experts d'expliquer par écrit
toutes les raisons pour lesquelles les prévisions peuvent être fausses.
Une évaluation plus réaliste en découle, même si elle ne suffit pas
à résoudre le problème. On peut aussi évaluer la confiance que l'on
peut accorder aux prévisions en faisant appel à des experts qui n'ont
rien à perdre ni à gagner de leurs prévisions.
Il est souvent important d'évaluer des modèles alternatifs dans une
situation donnée. Pour le faire correctement, il faut respecter certains
principes (comme utiliser la méthode actuelle comme repère) et prendre
certaines précautions : inutile d'utiliser l'erreur médiane au carré
pour évaluer les autres modèles.
Les managers ont trop tendance à se laisser influencer par les scénarios
ou par les « histoires » qu'on leur présente. Ces scénarios persuadent
le lecteur que les événements décrits ont de grandes chances de se
produire, même lorsque la probabilité est infime. Ils sont utiles
pour attirer l'attention sur certains points et étudier un plan d'urgence,
mais il faut se garder de les employer pour les prévisions.
Il arrive que les experts aient déjà fait tout le travail à votre
place. Un portefeuille d'actions sélectionné par un expert sera tout
aussi rentable qu'un portefeuille choisi par une fléchette envoyée
au hasard sur la page de la cote. Mais dans le cas de la fléchette,
les prévisions (spéculations du marché) sont préparées par un grand
nombre d'experts objectifs.
Un dernier conseil : si vous voyez le terme de «focus», pensez «confusion
de consommateurs» et prévisions floues.
Conclusion
L'analyse des méthodes les plus adaptées à telle ou telle situation
a permis aux chercheurs de dégager des informations essentielles pour
améliorer les prévisions. Ces connaissances sont désormais traduites
en principes.
Bien des chercheurs seraient prêts à améliorer les prévisions d'une
entreprise sans demander d'honoraires fixes ; un faible pourcentage
des économies réalisées serait déjà une excellente source de revenus,
car les principes issus de la recherche conduisent à des prévisions
sensiblement plus justes.
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