| Pour mieux approcher
la pratique de la veille stratégique dans les PME-PMI en France,
on présente ici la vision de spécialistes :
H. Martre : un constat et des ébauches de solutions
L'auteur signale dans son rapport du XIéme Plan (voir
documents annexes), deux des problèmes déjà cités, à savoir le manque
d'implication de la par des chefs d'entreprises et le manque d'élan
national sur le thème de la veille.
Pour y remédier, il propose les solutions suivantes
:
- Informer : Faire prendre conscience aux chefs
d'entreprises du rôle primordial de la veille dans la survie de leur
entreprise.
- Inciter : c'est, selon lui, le rôle de l'Etat
par le biais de ses administrations (voir Annexe IV pour la description
de ces administrations).
- Mobiliser : notamment les régions, plus proches
du tissu économique local.
- Coordonner : harmoniser les différentes aides
:
- Etat : Commissariat Général du Plan, INPI,
INERIS, CCI, ...
- Région : CRCI, DRIRE, DRRT, ...
- CEE : Projet ADAPT (initiative dans le cadre
de l'Objectif 2, pour plus de détails voir dans l'article fournit
en documents annexes).
H. Dou : ce chercheur (CRRM), ne se contente pas de
proposer des solutions, il les applique également :
- Participation à de nombreux colloques sur la veille
dans les PME ainsi qu'à des journées de sensibilisation dans le cadre
du projet ADAPT.
- Assure des formations adaptées aux PME.
- Participe activement aux débats sur la veille
au sein des PME en collaboration avec l'ARIST d'Aquitaine notamment.
- Elabore des gammes d'outils de veille automatisée
adaptés aux PME : Dataview et fait la "promotion" d'autres outils·
:
- Spirit
- Taiga
- Topic
- Tétralogie
- Messie
- Aide activement à la coordination des différentes
aides aux PME (Etat, Régions, Communauté Européenne).
- Encourage la création de clubs de veille.
A noter également la présence à ses côtés de deux
autres chercheurs au CRRM : L. Quoniam et P. Hassanaly avec qui il a
co-écrit de nombreux articles sur ces problèmes.
H. Lesca : ce chercheur de l'Université de Grenoble
2 joue également un rôle actif sur ce sujet mais part plutôt du cas
des grandes entreprises et cherche les moyens de transférer leurs outils
au cas particulier des PME. Son principal constat est le manque d'implication
des chefs d'entreprise dans la veille. Son principale but est donc de
les convaincre de son utilité :
- Création de l'outil de mesure de l'efficacité
d'un système de veille : FENNEC.
- Co-créateur du logiciel d'analyse de données PUZZLE
avec Delamarre et qui est basé sur la méthodologie du même nom. Cette
dernière permet de donner du sens à un ensemble de "signaux faibles"
recueillies lors de la première phase de la veille.
Les trois auteurs partent des mêmes constatations
mais n'ont pas les mêmes approches au niveau des solutions à envisager,
certains étant, dans ce domaine, plus " actifs " que d'autres.
Les principales barrières
à la mise en place du système en PME-PMI
Plusieurs problèmes se posent aux PME en ce qui concerne
la veille. Ils sont de divers ordres :
- Non implication du chef d'entreprise;
- Ne réalise pas la nécessité de la veille;
- Manque de connaissance des structures d'aides existantes;
- Ne pousse pas son personnel à se former au métier
de veille;
- Manque de connaissances des outils de veille automatisée
(voir Annexe V ) manque de moyens financiers et techniques;
- Ne peut pas s'offrir les services d'un grand cabinet
de veille ( de 50.000 à 300.000 F/an);
- Ne dispose pas de personnels formés et n'a pas
les moyens d'embaucher un spécialiste;
- Absence d'une dynamique nationale;
- Implication des administrations;
- Non coordination des différents projets d'aide;
- Pas de cohésion nationale (il manque un mouvement
national à l'initiative des PME).
Développement en France
Le développement de la veille n'est que très récent
en France; En effet l'engouement pour la veille ne s'est manifesté que
vers la fin des années 80.
Historique
- En 1988, un comité d'orientation stratégique de
l'information scientifique et technique de la veille technologique
est crée par le ministre de la recherche et de l'enseignement supérieur.
- En 1989, l'union des industries chimiques a consacré
un atelier de veille technologique.
- Le Xème plan a pris en compte l'ensemble "veille
technologique et politique des brevets".
- En 1989, Henri DOU crée un DEA "information stratégique
et technique, veille scientifique et technique" à l'université de
Marseille III.
Pourquoi ce développement ?
La raison de cet intérêt soudain à la fin des années
80 est double :
- Tout d'abord elle est liée à la réussite d'un pays
comme le Japon qui surveille et traite l'information depuis très longtemps
avec le succès qu'on lui connaît.
- Ensuite elle est du à la nécessité d'innover des
entreprises qui suppose d'avoir des renseignements pour voir ce que
font les autres, pour pouvoir surveiller, se défendre et attaquer.
Quelques exemple de réussites au sein
de PME Françaises
Quoi qu'il en soit au niveau de la théorie, il existe
quelques exemples d'entreprises ayant parfaitement réussi dans la mise
en place d'un système de veille.
Le cas d'une veille personnalisée
L'exemple d'une société spécialisée dans le secteur
de la conception d'outils pour le bâtiment est intéressant. Leur système
de veille s'est fait en interne et s'oriente sur trois pôles :
- l'innovation : notamment avec les informations
recueillies auprès des organismes comme l'ANVAR, la CCI, l'ARIST l'INPI;
- la concurrence : les principales informations sont
recueillies par les commerciaux de l'entreprise au près des fournisseurs
et au sein des salons nationaux ou internationaux;
- la conquête de parts de marché : en travaillant
notamment avec l'INSEE et la CCI.
L'opération Soierie-Ennoblissement
en Rhône-Alpes
Ce cas représente une belle réussite dans la mise
en place d'une veille multipartenaires. Sous l'impulsion de l'institut
Textile de France, cette réalisation a vu le jour en 1995 avec une orientation
technologique. Ce type de système se base sur des conditions particulières
:
- PME-PMI appartenant au même secteur d'activité;
- PME-PMI localisées dans la même région;
- PME-PMI couvrant tous les métiers de l'activité
considérée.
Ce système fonctionne comme un club d'échange d'informations
avec en plus une recherche systématique d'information sur le secteur
du textile et les innovations à l'étranger. De plus, les recherches
d'informations se font au moyen d'outils simples et peu onéreux disponibles
au sein des administrations et clubs de veille privés.
Les auteurs et leur posisionntment
|
Nom
auteur
|
Nb
livres
|
Co-Auteurs
|
Co-Auteurs
différents
|
|
BAUIN S
|
1
|
4
|
4
|
|
BEDIN J
|
1
|
2
|
2
|
|
BRETON P
|
1
|
3
|
3
|
|
CALLON M
|
12
|
18
|
14
|
|
CHATEAURAYNAUD
F
|
1
|
0
|
0
|
|
COLLINS
H
|
1
|
2
|
2
|
|
COURET A
|
2
|
2
|
2
|
|
COURTIAL
JP
|
7
|
11
|
8
|
|
CRANCE P
|
1
|
2
|
2
|
|
CROZIER
M
|
1
|
1
|
3
|
|
DESVALS
H
|
2
|
2
|
1
|
|
DORMY B
|
1
|
2
|
2
|
|
DOU H
|
2
|
2
|
1
|
|
FLAVIGNY
PO
|
1
|
2
|
2
|
|
HENNION
A
|
3
|
6
|
4
|
|
IGALENS
J
|
8
|
6
|
3
|
|
JAKOBIAK
F
|
2
|
0
|
0
|
|
JUAN J
|
1
|
2
|
2
|
|
LAGNEAU
G
|
1
|
3
|
3
|
|
LAREDO P
|
4
|
5
|
3
|
|
LATOUR B
|
6
|
8
|
6
|
|
LEVY P
|
1
|
0
|
0
|
|
MAUGUIN
P
|
2
|
5
|
3
|
|
MUSTAR P
|
3
|
5
|
4
|
|
PENAN H
|
8
|
7
|
4
|
|
ROUGEMONT
D
|
1
|
3
|
3
|
|
ROUSSEL
P
|
1
|
1
|
1
|
|
SIGOGNAU
A
|
1
|
1
|
1
|
|
TEIL G
|
4
|
6
|
4
|
|
TURNER W
|
2
|
4
|
4
|
On peut voir à travers ce tableau, que
de nombreux auteurs se sont intéressés à la notion de "Veille technologique".
On voit en outre la très grande importance qu'occupe Mr Callon qui
a écrit une douzaine d'ouvrage et qui a collaboré avec de nombreux
autre auteurs sur le sujet ainsi que Mr Courtial.
Conclusion
La veille ne permet pas une baisse des dépenses au
contraire, être mieux informé coûte très cher à l'entreprise et le fait
de ne pas en faire pourrait être néfaste à l'entreprise sur une période
de quelques années.
Des enquêtes ont montré que les entreprises qui sont
durablement les plus innovantes ou qui ont une image de bonne qualité
du produit ou du service sont celles qui sont bien avancées en matière
de veille technologique. Nous pouvons citer par exemple l'Oréal, Elf...
Le coût constitue un fort handicap, cependant les
PME Françaises ont désormais les moyens de se doter d'un système de
veille. En effet, divers points peuvent les encourager en ce sens :
- la prise de conscience de l'Etat et des collectivités
territoriales de l'ardente nécessité de la veille pour la survie des
PME Françaises
- les initiatives des clubs de veille qui fournissent
des éléments de base pour la mise en oeuvre d'un système de veille
aux entreprises qui le demande.
Utiliser les outils proposés à moindre coût par ces
clubs comme :
- Tilte (ensemble de téléservices proposés spécialement
aux PME)
- Les annuaires de sites INTERNET utiles à la veille
notamment technologique :
- Electronic Newstand (base de périodiques anglo-saxons)
- Uncover (moteur de recherche d'articles par
mots-clés), ...
La multitude d'outils de veille automatisée disponibles
Le dynamisme de certains centres de recherche universitaires et de
leurs directeurs (Grenoble avec H. Lesca et Aix-Marseille avec H. Dou)
L'exemple des réussites de certaines entreprises dans ce domaine :
- veille personnalisée avec une entreprise du bâtiment
- veille multipartenaires avec les soieries de Rhône-Alpes.
dont les entreprises peuvent s'inspirer.
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